Introduction
La démarche du sous-groupe " formation " de la FEWASC
a été initié, comme bien souvent, à partir
de différents constats de malaises vis à vis du statut
et de la fonction des assistants sociaux en C.P.A.S. mais aussi, plus
en amont, à partir du discrédit croissant porté
en C.P.A.S. sur la formation des assistants sociaux.
La commission formation de la FéWASC dénonce en effet
avec force le mécanisme actuel de dépréciation
grandissante de la qualité de la formation de base dispensée
par les écoles. Les critiques émises principalement par
les " professionnels " portent à la fois sur le manque
de bagage relationnel et sur le manque de bagage théorique notamment
en termes de sécurité sociale. Un manque de maîtrise
de l'écriture est également dénoncé.
Ces différents éléments sont susceptibles de démotiver
ou de désarçonner de nombreux chefs de stage qui estiment
ne pas avoir à fournir de telles bases aux stagiaires, qui estiment
que leur mission est de permettre l'exploration plus spécifique
de certaines matières ou l'utilisation effective des outils de
base dont les stagiaires devraient disposer préalablement.
La démocratisation des études, présentée
comme justification par certains professeurs, ne peut amener à
une baisse de qualité. Cette baisse de qualité risque
de porter gravement atteinte à la " qualification "
et donc à la valeur du diplôme sur un marché de
l'emploi où les différentes catégories de "
travailleurs du social " sont placées en concurrence.
Les finalités de nos travaux au
sein de la FEWASC sont
1) de valoriser autant que faire se peut la formation des assistants
sociaux ayant à fonctionner en C.P.A.S.,
2) de valoriser le métier pour le porter au niveau de reconnaissance
d'une profession.
Le but de notre démarche est d'assurer la meilleure adéquation
possible entre le curriculum de formation des assistants sociaux et
les missions confiées à ceux-ci au sein des C.P.A.S..
L'objectif premier est donc de retisser des liens de collaboration plus
étroits entre les instituts de formation, les assistants sociaux
de C.P.A.S. qui se proposent d'être demain des chefs de stages
et des étudiants qui pourraient s'investir dans l'apprentissage
et l'exercice d'un " métier " travaillant les valeurs
civiques de notre société.
L'objectif stratégique qui s'est imposé à nous
fut le choix de stage comme " porte d'entrée principale
". En effet les écoles ont besoins de lieux de stages et
de chefs de stages autant que les C.P.A.S. ont besoins d'assistants
sociaux disposant du titre requis, autant que nous travailleurs sociaux,
pour rester dans l'Action sociale, pour tenir le coup et ne pas sombrer
dans le fatalisme et le relativisme, nous avons besoins de collègues
suffisamment sensibilisés aux enjeux civiques de l'exercice du
métier en C.P.A.S,.
En tant qu'organisation de travailleurs sociaux visant à la professionnalisation
du " métier " qui est le nôtre nous nous inscrivons
inévitablement dans des enjeux de pouvoirs au sein de nos institutions.
Dans notre engagement militant au sein de la FEWASC nous voulons être
avant tout les représentants (humbles) d'une qualification professionnelle
et des collaborateurs efficaces dans la formation de nos futurs collègues.
Car la principale menace qui pèse sur l'exercice du métier
en C.P.A.S. mais aussi peut être sur la formation en général,
est sans doute la relativisation dans laquelle, avec le temps mais aussi
" prématurément ", peuvent s'inscrire les assistants
sociaux que nous sommes mais aussi les étudiants.
Nous croyons fermement que c'est dans l'engagement dans " l'épreuve
" que nous parviendrons à valoriser la formation, la qualification
qui permet au moins d'identifier le métier, voire la reconnaissance
qui pourrait assoire la professionnalisation de ce métier principalement
au sein des C.P.A.S.. C'est donc dans le champ de la qualification bien
plus que dans celui de la compétence que nous inscrivons notre
démarche. Précisons donc si cela était encore utile
que nous sommes ici avant tout, les défenseurs d'un métier
plutôt que les représentants des organisations qui nous
emploient. C'est donc sur le contenu d'un véritable contrat de
formation en stage que nous avons axé nos travaux.
Le stage doit être un processus pédagogique négocié
et contractualisé de façon précise entre les trois
parties (stagiaire, école, lieu de stage représenté).
En tant que processus pédagogique s'inscrivant dans un curriculum
de formation, son implication doit être holistique. Il ne devrait
pas être essentiellement centré sur les spécificités
du service lieu de stage mais devrait permettre une approche des problématiques
sociales qui se posent sur le lieu de stage. La formation ayant pour
finalité de former des A..S. tout terrain, le stage doit s'intégrer
au mieux dans cette finalité et permettre de découvrir
si non de laisser entrevoir les articulations possibles entre les différents
champs d'action du social dans la société.
Le stage doit contribuer à une meilleure identification du rôle
de l'assistant social et contribuer à un meilleur positionnement.
Le positionnement n'est pas nécessairement une adhésion
il peut aussi résulter d'une confrontation.
Il convient de repenser fondamentalement ce que certains appellent le
" rôle " du " chef de stage " et de mieux
distinguer le statut du " chef de stage ". Parler de rôle
dans un tel contexte est trop souvent réducteur1. Le problème
du " chef de stage" est que son rôle n'est pas spécifiquement
lié à un prescrit statutaire au sein de l'institution
qui l'emploie.
Modèle professionnel parmi d'autres modèles possibles,
le chef de stage devrait voir son intervention inscrite dans une "
fonction " bien identifiée comme telle au sein de son institution.
Même si cette fonction n'est pas exclusive des autres missions
liées à son statut au sein de l'institution qui l'emploie,
elle doit y tenir une place et répondre, elle aussi, à
un prescrit institutionnel.
Nombreux seraient les " chefs de stage " vivant une disqualification
de leur " fonction " institutionnelle. Ceci amènerait
certains à des manifestations de résignation ou de relativisation
face à des tensions qui peuvent survenir entre la fonction de
chef de stage et les missions spécifiques induites par leur statut
au sein même de l'institution. Cet aspect du problème est
particulièrement ressenti dans de grosses organisations comme
les C.P.A.S. des grands centres urbains. Ceci aurait notamment pour
incidence de ne pas rendre très attrayants les stages en C.P.A.S..
Stagiaires mais aussi professeurs discernent finalement peut ou mal
les missions " civiques " du travailleur social en C.P.A.S.
Les buts de système semblent le plus souvent prendre le pas sur
les buts de mission. Les buts de mission semblent de plus en plus s'inscrire
dans une vision industrielle et marchande du monde.
1. Le rôle joué constitue toujours un compromis entre
le modèle social prescrit afférent au statut cl la personne
qui, cherchant à se conformer à ce modelé, l'interprète
évidemment d'une façon unique.
II
est suggéré de repenser les modalités d'orientation,
d'accueil et de contractualisation portant sur les stages de seconde
et de troisième année. Une attention particulière
devra cependant également être portée à l'organisation
du stage de première année afin de mieux l'intégrer
à un processus de formation s'étalant sur trois années
plutôt que de concevoir (au niveau des stages) une succession
de trois années et de trois expériences professionnelles
par trop distinctes les unes des autres.
La commission formation de la FéWASC plaide
dès lors :
- Pour une meilleure jonction entre les années
de formation.
- Pour une meilleure orientation des stagiaires.
- Pour une meilleure contractualisation des stages.
- Pour la nécessité du réfèrent professionnel
(assistant social) sur chaque lieu de stage.
- Pour la nécessité d'un rapport écrit traduisant
la perception par le stagiaire de la place du service social dans l'institution,
les missions et le rôle de l'assistant social et les interactions
extérieures possibles du lieu de stage avec d'autres structures
sociales existantes.
- Pour une meilleure détermination des missions du chef de stage
dans le processus pédagogique.
- Pour une meilleure identification des besoins en terme de temps de
travail requis pour la mission spécifique de chef de stage.
- Pour que soit accordée une plus grande importance à
l'évaluation faite par le chef de stage, évaluation qui
doit s'inscrire résolument dans le processus de formation.
- Responsabilité des parties en cas de non-respect d'une des
modalités contractuelles.
Enfin la commission formation de la FéWASC suggère de
repenser plus en profondeur les finalités du mémoire de
fin d'études en lien trop étroit avec le stage de dernière
année. Le mémoire à rédiger en fin de stage
devrait pouvoir être dégagé des contingences spécifiques
du lieu de stage de troisième année. Le mémoire
pourrait être la synthèse d'un " carnet de bord "
au travers duquel l'étudiant, partant d'observations et de questionnements
émaillant son itinéraire de formation, explicite sa démarche
de formation et les différentes étapes d'évolution
de son questionnement.
Dans le document qui vous est présenté ici le sous-groupe
a tenté de mieux cerner les profils et conditions requises chez
les différents acteurs. Nous vous présentons ces éléments
comme un " listage " qui peut apparaître comme relativement
sectaire. Les différents points ne sont pas toujours commentés
ou justifiés.
Il s'agissait pour nous d'inscrire ce document dans la dynamique de
débats en ateliers qui vous est proposée.
Il ne s'agit pas de présenter un travail fini mais de susciter
vos réactions pour construire ensemble un document qui reflète
davantage la représentativité des prises de position de
la commission formation de la FéWASC.
1. Quel profil pour être chef de
stage?
En terme de compétences, aptitudes, savoir être, savoir-faire...
1. Avoir la capacité de prendre position au sein de l'institution
et d'exercer son esprit critique de façon constructive au sein
de l'institution. Autrement dit ; oser la critique et la dispute au
sein de l'institution pour atteindre un supérieur commun.
2. Disposer d'une capacité d'écoute par rapport au stagiaire
être disponible.
3. Etre capable de se remettre en question.
4. Avoir le souhait et le goût de la formation de jeunes stagiaires
dans le but d'amener ceux- ci un fonctionnement autonome (Aptitudes
pédagogiques à acquérir et à travailler).
5. Etre en accord avec sa fonction (être bien dans ce que l'on
fait)
6. Connaître les limites de son mandat.
7. Former l'étudiant et lui laisser une place pour la créativité
(autres solutions que l'aide financière...)
2. Quels critères pour être
chef de stage ?
1. Disposer du titre requis (assistant social) et des fonctions effectives
d'A.S. au sein de l'institution.
2. Être travailleur de terrain
3. Etre engagé dans les liens d'un contrat à temps plein
ou 4/5ième.
4. Avoir une expérience professionnelle d'au moins trois ans
en qualité d'assistant social et d'au moins un an au sein du
service dans lequel se déroulera le stage car il est nécessaire
d'avoir une bonne connaissance de l'institution, du service, de la (ou
des) législation(s) principalement appliquée(s) au sein
du service, de la population concernée, du réseau social
ou autre mobilisable au sein de la commune mais aussi au niveau extra
communal.
5. Etre demandeur d'un stagiaire. Insister sur le fait de décider
et de choisir son stagiaire. 6. Avoir un travail en rapport avec l'exigence
du stage.
7. Disposer d'une certaine autonomie au sein de l'institution et du
service.
8. Disponibilité : le temps à pouvoir consacrer à
l'encadrement et la formation est estimé à 1/5eme temps
minimum. (Le critère de disponibilité est important par
rapport à certaines réalités d'équipes réduites
qui doivent assumer leurs stagiaires.)
9. Se sentir à l'aise dans sa fonction, dans son rôle,
avoir acquis les compétences nécessaires à l'exercice
de sa fonction. Bénéficier d'une reconnaissance de sa
hiérarchie et de ses pairs.
3.
Les engagements et les attentes.
Préalablement à toute contractualisation de stage, le
stagiaire devrait se présenter auprès des services demandeurs
de stagiaires, via lettre de motivation, entretien téléphonique
ou de visu.
Communication par l'école dès le début du stage
des objectifs, des critères d'évaluation, du mode de cotation.
Des contacts réguliers doivent être programmés dans
le contrat de stage entre l'école et le chef de stage.
II convient d'instaurer un climat de confiance, d'échange et
de partage entre le maître de stage, l'étudiant et l'école.
Ceci implique le suivi régulier de l'école entre l'entrée
en stage et l'évaluation finale. Ceci doit permettre d'identifier
au plus vite les difficultés de l'étudiant voire ses inaptitudes
éventuelles pour l'exercice du métier.
Le chef de stage doit veiller à faire vivre à l'étudiant
un maximum de pratiques professionnelles (être le lien entre la
théorie et la pratique).
Viser l'autonomie du stagiaire
Aider le stagiaire dans la pratique par la découverte, la réflexion...
Donner au stagiaire les outils légaux, suivre les premiers entretiens
et superviser les premiers rapports.
Engagement
de l'établissement scolaire
Présentation et confirmation du stagiaire via un courrier
Communication par l'école dès le début du stage
des objectifs, des critères d'évaluation, du mode de cotation
et d'un calendrier des dates du stage...
Contacts réguliers avec le lieu de stage et l'étudiant.
Engagement du stagiaire
Présentation via une lettre de motivation, entretien téléphonique
ou de visu du stagiaire avec son lieu de stage.
Disponibilité du stagiaire
Contact régulier avec 1 ' école durant le stage.
Connaître les règles élémentaires de savoir-vivre,
faire preuve de curiosité, d'initiatives, de créativité.
Engagement du chef de stage
Présentation du cadre de stage, du service, des responsables
(attention ce n'est pas uniquement le travailleur social qui s'engage
mais toute l'équipe)
Garantir la diversité des tâches sociales à accomplir
par le stagiaire et lui donner la possibilité de développer
des espaces de créativité et d'inventivité
Organiser l'accueil du stagiaire.
Intégration du stagiaire au sein de l'équipe sous la direction
du chef de service.
Assurer un encadrement au stagiaire qui permette à l'étudiant"faire
face à ses responsabilités. Donner à l'étudiant
un maximum de pratiques professionnelles. Etre le lien entre la théorie
et la pratique
Mise au point régulière avec l'école.
4. Le chef de stage doit être dans
un cadre de formation continuée ?
De
manière générale, il serait idéal que les
travailleurs sociaux de terrain bénéficient d'une formation
continuée dans différents domaines (législation,
approches spécifiques, population à problèmes...)
Cela devrait être une exigence au niveau institutionnel
Voir si l'école ne pourrait pas prendre en charge notre formation
continuée.
Les écoles sociales devraient proposer au moins une journée
pédagogique pour les chefs de stage.
Le travailleur social doit être ouvert à l'évolution
des pratiques professionnelles et capable de se remettre en question
Il doit particulièrement maîtriser la législation
et la sécurité sociale
5. Le rôle de chef de stage : un
rôle partagé
Le
chef de stage doit être le réfèrent pour l'école
sociale mais les autres travailleurs sociaux du service (y compris le
chef de service) devraient idéalement être des référents
pour l'étudiant.
Le partage de la " charge " de travail représentée
par la présence d'un stagiaire dans un service est une bonne
chose (le stagiaire pouvant bénéficier de la richesse
d'une équipe) mais ceci reste une question d'équipe qui
ne doit pas nécessairement être formalisée dans
le contrat de stage.
Un passage dans les différents services du lieu de stage peut
être enrichissant.
6. Le chef de stase doit-il être
rémunéré ou bénéficier d'une compensation
?
Non cela fait partie intégrante de notre profession de former
nos successeurs, un stagiaire bien formé fera un bon collègue.
Ce la doit rester sur une base volontaire et l'intérêt
que le chef de stage pourra en retirer, rester sur le plan personnel
et l'importance de l'échange.
La compensation devrait résider dans la reconnaissance institutionnelle
des missions du chef de stage au sein du C.P.A.S. et un apport pédagogique
et de formation continuée de la part des écoles sociales.
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